La rue du Châaba (châaba signifie montée difficile mais aussi ravin) était la rue la plus longue de Talborjt qu'elle contournait depuis le marché de Talborjt jusqu'à la rue Marrakchi.
 


 
Vue sur la rue du Châaba du côté de la Mosquée

 
La moitié de la rue Goulma est ici construite. On voit les ruelles Khalifa, Talaa et Rasmouki qui se déversaient dans la rue du Châaba.
 




La rue du Châaba du côté de la Mosquée dans les années 50




 Entre la rue Goulma et la rue Hilala (Illala), on voit sur cette photo le tribunal coutumier où siégeaient un juge marocain en habit traditionnel et un militaire français. Ce tribunal sera déplacé quand le nouveau tribunal coutumier sera construit rues Marrakchi-Talborjt.
Pour de nombreux marocains, la première école Bosc se trouvait à l'angle des rues Goulma et Châaba et non à l'angle de la rue Illala côté Boulevard Diégo Brosset.
À l'angle des rues Goulma et Châaba se trouvait la fabrique de pâtes alimentaires "La Kasbah" surnommée "La Vermicelle" qui migrera avant 1960 au QI.
 





 
On voit ici la rue Châaba dans son ensemble, qui contournait le Bousbir, passait devant le four et boulangerie Largo et l'hôtel de la Bahia, et se terminait par la synagogue et école Talmud Torah sur la gauche avant la rue Marrakchi.
 


Maisons de Tolérance

 
 Il y eut avant 1960 à Agadir plusieurs établissements que les gens à l'époque appelés bousbirs, bordels ou bordils ou encore maison de tolérance qui n'étaient pas sans rappeler qu'Agadir fut une ville militaire avec des tirailleurs, des légionnaires, des aviateurs, des marins, etc.

"Bousbir" désignait un quartier réservé où étaient logées des prostituées.
Le mot provenait du nom de Prosper Ferrieu qui louaient des chambres aux prostituées de Casa et que les Marocains appelaient Tajjer Prousbir (Y. Knibiehler, Des Français au Maroc, p. 200, 1999).

* Un établissement de prostitution avait été créé en 1928 dans le virage en épingle conduisant à la Casbah et au camp D (Haïda) pour les militaires des deux camps (Alibert et Haïda).

* Dans les années 50, l'établissement de Talborjt occupait un espace réservé à l'architecture cellulaire entre les rues du Châaba, Rasmouki et Gadiri. C'était "Elbordil", géré par des patronnes sous l'œil vigilant des AI. En face de l'établissement se trouvait un Bureau d'Hygiène permanent contrôlant l'état sanitaire des prostituées.

* Le troisième établissement avait pignon sur rue, figurait dans l'annuaire du téléphone à la rubrique Maison de Tolérance et portait le nom de "La Perle du Sud" sise "route de Yachech".
 

 
Cet établissement fonctionnait au début des années 50. Il était réservé aux Européens. Pour les autochtones, il portait le nom d'"el bordil densara" (en ar.) ou "elbordil iroumine" (en berb.). La patronne était Madame Paule secondée par sa nièce, une très jolie fille, et par Madame Yvonne.

Des petits marocains farceurs attendaient les légionnaires à la sortie de "la Guinguette". De là, pour aller à "La Perle du Sud", ces derniers devaient passer par l'Oued Tildi.

Pour monter le ravin, les enfants leur tendaient une corde car les genoux ne répondaient plus et chantaient : "Il était un petit navi…reueu …". Une fois sur la route de Tildi, les légionnaires devaient récompenser l'effort fourni par une pièce tout en se renseignant sur la direction à prendre. Ceux qui ne donnaient rien, se voyaient indiquer la direction du Square Briand. En général, les légionnaires allaient par deux, enlacés par l'ébriété en chantant à tue tête : " Où es-tu le bordel… ma chandelle, ma chandelle… " et comme cela jusqu'à la maison des Padiou.

(Souvenirs d'enfance de Lahsen Roussafi originaire de Yachech).