Georges Candilis (1913-1995)
Architecte





Georges Candilis est né à Bakou (Azerbaïdjan) le 11 avril 1913.

Exilé en Grèce avec sa famille, il obtient en 1926 la nationalité grecque.

Il intègre en 1931 l'École Supérieure de Polytechnique d'Athènes où il obtient diplômes d'architecte et d'ingénieur en 1936.

Il fait la connaissance de l'élite de l'architecture moderne européenne lors du fameux congrès des CIAM de 1933 (CIAM IV) qui se déroule sur le bateau "Patris II" où sera élaborée la Charte d'Athènes.
Il y rencontre Le Corbusier, alors omniprésent au sein des CIAM, qui aura une influence déterminante sur lui.
À la fin du congrès d'Athènes, Candilis enthousiaste, participe avec d'autres architectes à la création de la section grecque des CIAM.
Il sera impliqué dans tous les congrès d'après-guerre.

À la fin de la guerre en 1945, Candilis se rend à Paris dans l'atelier d'André Lurçat avant d'entrer dans l'agence de Le Corbusier (35 rue de Sèvres) qui l'embauche immédiatement pour travailler sur l'"Unité d'Habitation de Marseille" jusqu'en 1951 ; il est chargé des études et du suivi du chantier de Marseille en relation avec l'ingénieur Vladimir Bodiansky qui dirige l'ATBAT (Atelier des Bâtisseurs) bureau d'études techniques en charge de la construction de l'Unité d'Habitation de Marseille.
Dans l'équipe, Candilis côtoie Roger Aujame et Shadrach Woods avec qui il s'associera plus tard.

Candilis sera chargé de représenter Le Corbusier au CIAM VII à Bergame en 1949 et de présenter un dépliant explicatif de l'unité d'Habitation de Marseille réalisé par l'ensemble du groupe ASCORAL (Assemblée des Constructeurs pour une Rénovation Architecturale) fondée à Paris en 1943 par Le Corbusier.

Candilis décline l'offre de suivre le chantier de Chandigarh de Le Corbusier mais accepte la proposition de Bodiansky de prendre la direction de la filiale de l'ATBAT Afrique au Maroc de 1950 à 1954 ; il contribuera à "l'Architecture du plus grand nombre" à partir du travail de Michel Écochard.
De 1951 à 1954, Candilis conçoit plusieurs projets au Maroc et en Algérie pour l'ATBAT-Afrique en coopération avec l'architecte Shadrach Woods.

À partir de 1951, l'ATBAT offre la possibilité à Georges Candilis et à Shadrach Woods, aux ingénieurs H. Piot et Vladimir Bodiansky de construire en réponse aux programmes d'habitat collectif pour musulmans ayant des faibles revenus, une cité expérimentale.

Cette cité de 150 logements aux Carrières Centrales à Casablanca pouvait s'intégrer dans les cités à trame horizontale 8 x 8 dans la perspective de rompre la monotonie de la nappe des cellules répétées à l'infini et de permettre une densification en hauteur prenant en compte l'ensoleillement et les besoins des habitants.

Ainsi furent conçus les immeubles d'habitation "Nids d'abeille" (5 étages, 40 logements) aux superpositions simples et idéalement éclairées et l'immeuble "Sémiramis" (5 étages, 40 logements) partagé en deux pour suivre la topographie du lieu.

 Leurs réalisations seront présentées en 1953 au CIAM IX d'Aix-en-Provence par le Groupe GAMMA des jeunes architectes modernes marocains. Ce projet sera considéré par Alison & Peter Smithson dans Architectural Design 1955 comme l'une des plus grandes réalisations depuis l'Unité d'Habitation de le Corbusier à Marseille.
Candilis et Woods sont alors à la recherche de formes architecturales, de structures prenant en compte les conditions économiques et sociales des plus démunis en leur apportant un élément essentiel : la dignité.
Les projets marocains de Candilis déclenchent de vifs débats au sein des CIAM, nourrissent la fronde des jeunes du Team X et contribuent à la crise fatale de l'organisation (AF O-M, 384-385).

 
 Leurs réalisations seront présentées en 1953 au CIAM IX d'Aix-en-Provence par le Groupe GAMMA des jeunes architectes modernes marocains.

Ce projet sera considéré par Alison & Peter Smithson dans Architectural Design 1955 comme l'une des plus grandes réalisations depuis l'Unité d'Habitation de le Corbusier à Marseille.

Candilis et Woods sont alors à la recherche de formes architecturales, de structures prenant en compte les conditions économiques et sociales des plus démunis en leur apportant un élément essentiel : la dignité.

Les projets marocains de Candilis déclenchent de vifs débats au sein des CIAM, nourrissent la fronde des jeunes du Team X et contribuent à la crise fatale de l'organisation (AF O-M, 384-385).

Candilis quittera ensuite le Maroc pour Paris avec Shadrach Woods et Alexis Josic avec lesquels il s'associe en 1955.
L'équipe propose une réflexion architecturale nouvelle, centrée sur l'habitat, lieu de l'universel et du contingent pour Candilis qui dira : "Inventer des logements simples, véritablement économiques qui possèdent la qualité du respect, ce n'était pas de la grande architecture mais cela représentait autant de difficultés et demandait plus d'imagination et de sensibilité que de construire des palais".

L'évolution de cette réflexion concerne l'organisation urbaine et en particulier l'intégration du logement dans l'espace public.
Ce processus amènera l'équipe à contester la Charte d'Athènes qui avait provoqué l'éclosion de bâtiments, grands et petits, isolés, répétés à l'infini. Au lieu d'aligner des blocs, Candilis cherche à les articuler entre eux, à les relayer, à créer des espaces qui rompent avec la monotonie et rendent une échelle agréable.
Il réalisera la ZUP du Mirail à Toulouse (1961-1973), les ensembles de Bagnols sur Cèze, Nîmes et Marseille, le plan de l'Université libre de Berlin (1965-1972).
Il meurt à Paris le 10 mai 1995.